Michel R. Campbell Ph.D.

Membre de l’Ordre des psychologues du Québec

La personnalité limite ou «borderline»

Jadis le diagnostic de personnalité limite ou «borderline» était donné à des individus ni clairement névrotiques ni franchement psychotiques, mais plutôt à la limite des caractéristiques associées aux deux registres. Vous constaterez que ce genre de problème est complexe, et c'est probablement pour cette raison qu'il y a une certaine controverse concernant la manifestation du problème.

Les relations interpersonnelles

Ces personnes ont souvent des problèmes relationnels. J'ai souvent l'impression qu'elles ont tendance à idéaliser ou idolâtrer certaines personnes et, soudainement, elles les dévalorisent, et la relation glisse rapidement dans le conflit. Elles ont également beaucoup de difficulté à supporter la solitude et font des efforts effrénés pour éviter les abandons ou ruptures. Le personnage joué par Glenn Close, dans le film «Fatal Attraction», présente bien cette caractéristique lorsqu'elle tente d'éviter par tous les moyens une rupture avec le personnage joué par Michael Douglas.

L'impulsivité

En effet, elles ont tendance à être impulsives, particulièrement dans des activités comportant des dangers potentiels pour elles-mêmes, comme l'abus d'alcool ou de drogues, la conduite automobile dangereuse, les dépenses folles, les provocations de bagarre, le vol à l'étalage, l'abus alimentaire, la promiscuité sexuelle, et j'en passe.

L'instabilité de l'humeur

L'instabilité de l'humeur caractérise également la personnalité limite et, plus particulièrement, le passage d'une humeur dépressive ou irritable à une humeur agressive ou colérique. En effet, ces personnes ont tendance à avoir des sentiments de colère anormalement intenses ou des accès de mauvaise humeur et, dans certains cas, des passages à l'acte au niveau de la violence physique. J'ai constaté que certains batteurs de femmes ont une personnalité «borderline». Je ne serais pas étonné de constater qu'un bon nombre d'individus impliqués dans des crimes passionnels ont, entre autres, ce type de trouble de la personnalité.

La manipulation

Lorsque ces personnes sont en crise, elles sont particulièrement manipulatrices. Elles ont tendance à menacer, à avoir des gestes ou conduites suicidaires, et même auto-mutilatoires. Par exemple, je me souviens d'une personne qui se mordait et qui se brûlait avec des cigarettes lorsque ça ne fonctionnait pas à son goût. En période de tension extrême, il arrive qu'elles glissent dans un état psychotique, c'est-à-dire une perte de contact avec la réalité. C'est durant ces périodes que les agirs deviennent erratiques, absurdes ou bizarres.

L'affectivité

Ces personnes ont, la plupart du temps, un grand sentiment de vide ou d'ennui et des périodes où elles sont foncièrement malheureuses. Elles sont très sensibles au rejet, voire même dépendantes affectives, et cette difficulté est exacerbée par une image de soi frêle et ambivalente. La sexualité est souvent perturbée ou instable et, dans certains cas, devient un véhicule de manipulation.

L'adaptation sociale

Le fonctionnement social et le fonctionnement professionnel sont souvent perturbés, même si elles ont des périodes stables. Par contre, il n'y a pas de doute que ces personnes souffrent beaucoup. L'insécurité affective et le manque de confiance aux autres jouent un rôle important dans le processus de mésadaptation sociale.

Les statistiques

Environ de 1% à 2 % de la population ont développé un trouble de personnalité limite et environ 30 % à 60 % des troubles de la personnalité sont des « borderline.

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, voici les carractéristiques associées aux personnalités limites. Il faut au moins cinq de ces caractéristiques pour être considéré comme ayant ce genre de problème.

  1. Efforts effrénés pour éviter les abandons réels ou imaginés;
  2. Mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par l'alternance entre les positions extrêmes d'idéalisation excessive et de dévalorisation;
  3. Perturbation de l'identité : instabilité marquée et persistante de l'image ou de la notion de soi;
  4. Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (exemples : dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie);
  5. Répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires ou d'automutilations;
  6. Instabilité affective due à une réactivité marquée de l'humeur (exemple : dysphorie épisodique intense, irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours);
  7. Sentiments chroniques de vide;
  8. Colères intenses et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère (exemples : fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées);
  9. Survenue transitoire dans des situations de stress d'une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères;

Les interventions

Les intervenants ayant de l'expérience avec ce genre de problème vous diront que ces individus sont très difficiles à traiter. Les situations de crise sont fréquentes et l'abandon thérapeutique élevé.

Personnellement, je travaille beaucoup sur les schémas cognitifs dysfonctionnels comme la peur de l'abandon «je vais me retrouver seule et je vais craquer», la dépendance «j'ai besoin de quelqu'un pour être fonctionnel», la culpabilité «je suis une mauvaise personne et je mérite d'être punie», la méfiance «ils veulent seulement m'utiliser», et cetera. Je constate qu'en rajustant les perceptions ou les schémas cognitifs, l'intensité des émotions diminue. Par conséquent, le niveau d'adaptation s'améliore et le sentiment de mieux-être émerge.

Bibliographie :

  • American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.Beck, J.S., Cognitive Therapy of personnality Disorders in P. M. Salkovskis, Frontiers of Cognitive Therapy, Guilford Press, 1996.Cottraux, J. et Blackburn, I.M.. Thérapies cognitives des troubles de la personnalité. Masson, 1995.
  • Cousineau, P., L'approche cognitive et les troubles de la personnalité dans la Revue québécoise de psychologie, vol. 16, no 2, 1995.McGinn, L.K. and Young, J.E., Schema-Focused Therapy in P. M. Salkovskis, Frontiers of Cognitive Therapy, Guilford Press, 1996. Stein, D.J., Young J.E., Schema Approach to Personnality Disorders, dans D.J. Stein, J.E. Young, Cognitive Science and Clinical Disorders, Academic press, 1992.
  • **Young, J.E. et Klosko, J.S., Je réinvente ma vie, Les Éditions de l'Homme, 1995 (version anglaise 1993).

Préparé par le Dr Michel R. Campbell, psychologue et sexologue

Envoyez un courriel à Michel R. Campbell

N.B. Le but de cet article est d'informer le lecteur concernant les caractéristiques associées à une maladie mentale. Seulement un professionnel de la santé qualifié peut évaluer ce genre de maladie.

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